une cite pour les archives

dimanche 22 novembre 2009

Message de Nicolas Sarkozy, président de la République

Message de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, pour l’ouverture du colloque « Archives, identité, République », lu par M. Dominique ANTOINE.

 

Paris, le mercredi 27 juin 2007


Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Député, Madame le Maire, Monsieur le Président de l’Université de Paris XIII, Mesdames et Messieurs ;

Je regrette de ne pouvoir être aujourd’hui parmi vous à l’ouverture de ce colloque organisé par l’association Une cité pour les Archives nationales.

Cet événement marque symboliquement une étape importante dans l’histoire de ce beau projet : la construction d’un nouveau centre pour les Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine. En la personne d’Annette Wieviorka, sa Présidente, ainsi que celle de Georgette Elgey, qui préside son comité d’honneur, je tiens à saluer l’action de l’association Une cité pour les Archives nationales qui se bat depuis si longtemps pour que cette entreprise aboutisse. J’ai aussi une pensée pour René Rémond, qui joua un grand rôle dans l’association. Nous sommes, depuis février 2007, entrés « en phase d’APD », d’ « avant-projet définitif ». A mes yeux, rien désormais ne peut s’opposer à la construction, au cœur de la Seine-Saint-Denis, de ce qui sera le deuxième plus grand Centre d’archives du monde, destiné à collecter, conserver et communiquer les archives des administrations centrales de l’Etat depuis 1790, et pour les trente ans à venir.

 

Je veux vous redire aujourd’hui toute l’importance que j’accorde à ce projet et vous confirmer ma ferme intention qu’il aboutisse dans les délais prévus. J’ai pour cela toute confiance en la Ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, ainsi qu’en Martine de Boisdeffre, directrice des Archives de France, et Isabelle Neuschwander, directrice des Archives nationales, trois femmes dont l’énergie et la hauteur de vue ne sont plus à démontrer.

 

En raison de la longueur de notre histoire, de l’ancienneté de notre Etat, il n’est peut-être pas au monde de collection plus riche, plus complète (malgré ses inévitables lacunes), que celle présentée par nos Archives nationales. Celles-ci constituent un trésor inestimable. Trésor pour les historiens, bien sûr : toute étude sérieuse – les universitaires le savent bien- commence par un « travail d’archives » : il s’agit d’éplucher sans relâche, pendant des jours, des années parfois, les documents innombrables, et parfois difficiles à déchiffrer, que le passé nous a légués.

 

Trésor pour tous les Français. Car les archives ne sont pas seulement une affaire de spécialistes : dépositaires de la mémoire accumulée de notre pays, elles sont le reflet de toute notre histoire. A ce titre, elles constituent le creuset de l’identité nationale et, sans doute, le cadre de toute action politique future. Non que le passé ait à nous dicter l’avenir : l’avenir, c’est à nous, maintenant, de le décider. Mais cependant le passé doit nous guider : sans le sentiment partagé d’un héritage commun, assumé avec fierté –mais aussi avec lucidité, dans un esprit de vérité-, nous ne pourrons répondre ensemble aux défis de demain.

 

Si nous voulons nous forger une identité commune, il faut que ce passé dont nous sommes fiers, soit accessible à tous. Autrefois, nos Rois conservaient jalousement les clés des Archives du pays : elles étaient l’instrument de leur pouvoir. Elles sont aujourd’hui (et depuis la Révolution française) ouvertes au plus grand nombre. Mais l’affirmation de ce principe ne suffit pas ; il faut permettre à chacun –et en particulier aux nouveaux venus dans notre République- de s’approprier effectivement le patrimoine national. Non seulement il faut laisser les historiens travailler, en toute indépendance et dans les meilleures conditions matérielles ; mais il faut encore assurer la diffusion du savoir et favoriser le contact direct des Français avec leur passé –notamment par le biais de la consultation des archives. A ce travail d’éducation jamais achevé, le nouveau centre de Pierrefitte-sur-Seine prendra une part éminente.

 

Mesdames et Messieurs, vous voyez qu’à ma manière j’ai tenté de m’inscrire dans le thème de votre colloque, et de vous suggérer le lien qui existe entre ces trois notions : archive, identité et République.

 

D’une part il n’y a pas d’identité nationale sans archives, soigneusement conservées : leur constitution est comme l’acte de naissance d’une nation, car c’est par elles que la nation se forge, progressivement, un passé. C’est en ce sens que 1194, date à laquelle Philippe Auguste décide de conserver en lieu sûr les archives royales, marque le début de l’histoire de France.

 

Mais cela, d’autre part, ne suffit pas : il n’y a pas de République, c’est-à-dire de démocratie pleine et entière, si cette identité n’est pas accessible à tous, quitte à ce qu’elle fasse débat. Il n’y a d’identité républicaine que partagée. C’est pourquoi la deuxième date à retenir est 1790, année de création d’une administration autonome.

 

Il me semble qu’une troisième date pourrait être choisie, qui, située dans un tout proche avenir, serait le prolongement du long processus que je viens d’évoquer. Cette date c’est 2011, année de l’ouverture du nouveau centre des archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine : situé à proximité immédiate de la basilique Saint-Denis, tombeau des rois de France, où fut enterré Philippe Auguste qui est l’inventeur des Archives nationales ; lieu pourtant emblématique de la diversité sociale de la France d’aujourd’hui, de ses difficultés, mais aussi des espérances dont elle est porteuse.

 

Il y a là un beau symbole de l’unité de notre histoire et je me réjouis de la perspective de pouvoir le célébrer prochainement avec vous, le jour de l’inauguration du nouveau centre.

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samedi 14 juillet 2007

Discours de Christine Albanel, ministre de la Culture, lu par Marie-Françoise Audouard

Colloque

Archives, Identité et République

27 juin 2007

Monsieur le Premier ministre,

Madame le Maire,

Mesdames les Présidentes,

Messieurs les Présidents d’Université,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Je voudrais tout d’abord vous dire combien je regrette de ne pouvoir être présente parmi vous aujourd’hui. J’ai suivi de très près le projet du Centre des Archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine, depuis ses débuts, par intérêt personnel. C’est un projet magnifique, ambitieux, et tourné vers l’avenir. L’avenir de notre mémoire. Je veux vous dire que vous pouvez compter sur moi pour veiller à sa réalisation.

Permettez-moi de saluer chaleureusement les membres de l’association « Une cité pour les archives nationales », et tout particulièrement sa Présidente d’honneur, Georgette Elgey. Je sais que votre mobilisation et votre enthousiasme ont largement contribué au succès de ce projet. Ma pensée va à René Rémond qui a soutenu ce projet avec constance et ténacité. Et je salue aussi le dévouement et l'énergie de Mmes de Boisdeffre et Neuschwander.

Je sais aussi la richesse de la collaboration nouée avec les collectivités territoriales, et je tiens à saluer Madame le Maire Catherine Henriot. Vous avez très vite compris le potentiel d’un tel équipement culturel. Vous le vivez, en concertation avec la Direction des Archives de France et les Archives nationales, comme un outil d’aménagement, un véritable levier de développement. Et ce point de vue est partagé par les universités, Paris VIII, qui accueille aujourd’hui ce colloque, comme Paris XIII. Je vous en remercie, Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs les Professeurs, et je souhaite que cette coopération se poursuive. Merci enfin à Monsieur le Préfet de Seine-Saint-Denis, pour son intérêt vigilant.

Bientôt, grâce à vous tous, s’élèvera le nouveau Centre des archives nationales. Non loin de la Basilique de Saint-Denis, que concernent les plus anciens documents conservés à Paris, et au cœur de cette cité à l’image de la France de demain, riche de sa pluralité, de sa diversité, de sa vitalité, et de son profond désir d’avenir. C’est un double symbole, très fort, qui n’est pas sans faire écho au thème de votre colloque. « Archives, Identité, République », belle trilogie qui sonne comme une devise, mais qui peut surprendre les non initiés.

Les Archives sont la mémoire de la Nation. Mémoire dans laquelle se lit l'histoire de notre pays et des générations successives qui l’ont habité. Mémoire particulièrement longue, qui s’étend, pour les Archives nationales, du VIIème siècle à nos jours. Mémoire qui garde la trace de tous les moments clés de notre histoire, des actes fondateurs, comme l’Edit de Nantes, le Serment du Jeu de paume, ou encore la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Mémoire nationale donc, parce qu’elle dit l’histoire des territoires, elle raconte les parcours individuels, les existences simples, les vies modestes, à travers les actes notariés, les documents de l’Etat civil, les archives d’associations ou d’entreprises. Trame quotidienne où l’on peut lire, en filigrane, l’aventure tumultueuse des Grands.

Où l’on peut lire, également, la construction de notre identité au fil des siècles. De notre langue, à travers l’ordonnance de Villers-Cotterets de 1539, mais aussi de notre géographie, à travers les dossiers des réseaux routiers, ou à travers les magnifiques épures de fortifications rappelant l’enjeu majeur des frontières et l’œuvre toujours vivante de Vauban. Mémoire rendue plus intelligible par les instruments de recherche, comme le Guide des sources de l’histoire des étrangers, ou le Guide des sources de l’histoire de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, paru en mars dernier.

Mémoire, enfin, on l’oublie trop souvent, qui n’a rien de figé, ni de clos, mémoire toujours en cours de constitution. Et cette mémoire matérielle, dense, il convient de la collecter, de la conserver et de la communiquer dans les meilleures conditions. C’est la responsabilité des archivistes. C’est aussi, désormais, mon engagement.

Ce nouveau centre sera le laboratoire de ce que les services d’archives sont en puissance, un facteur d’aide à la recherche sous toutes ses formes, et un vecteur, de façon plus générale, de l’éducation culturelle et civique.

Et favoriser l’accès des documents à tous les publics, c’est aussi saisir la chance formidable que représentent les technologies de l’information et de la communication. J’en fais une priorité. Le mouvement d’ores et déjà bien entamé pour les Archives, qui représentent désormais plus de 45% des fonds numérisés dans le domaine culturel, doit se poursuivre au niveau national comme européen. Je m’y emploierai.

« Archives, Modernité et Citoyenneté », telle est la trilogie qui portera mes ambitions pour notre mémoire nationale. Merci

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samedi 7 juillet 2007

Message de Jacques Chirac

Jacques Chirac

Paris, le 26 juin 2007

Mesdames et Messieurs,

            Aujourd’hui, au moment où vous êtes réunis à l’université de Paris 8 – Saint-Denis à l’occasion du colloque « Archives, identité et République », comment ne pas évoquer une grande figure de la pensée française, René Rémond ? René Rémond était un historien majeur, mais aussi un homme animé par une haute exigence morale. Le Centre des Archives nationales de Pierrefitte, pour lequel il n’a jamais ménagé sa peine et ses efforts, lui devra beaucoup. Mieux que personne, il savait toute l’importance que revêtent pour un pays ses Archives.

            Les Archives, c’est d’abord le matériau brut de l’histoire : c’est la nourriture essentielle des historiens. Il leur faut les dépouiller, les interpréter, les croiser, et parfois bien sûr les questionner, pour en tirer un récit ordonné du passé. Sans elles, l’Histoire ne serait qu’une reconstruction, et non pas une science, une recherche fondée sur des faits. Les Archives, c’est ce qui vous permet, à vous historiens, politologues, sociologues, de fuir la fiction, de vous dégager des préjugés, des « on dit », des passions. C’est ce qui vous permet d’approcher, autant qu’il est possible, la réalité des faits tels qu’ils se sont réellement déroulés.

Mais les Archives ne sont pas seulement une affaire de spécialistes. Elles sont aussi la mémoire vivante du pays. A ce titre, elles sont le bien commun de la Nation tout entière. Elles permettent de construire une mémoire partagée par tous les citoyens, quelle que soit leur origine, quel que soit leur lieu de vie. Et cela, bien sûr, grâce à l’indispensable médiation des travaux des historiens. Sans ce récit commun, qui implique la fierté de nos hauts-faits mais aussi la reconnaissance des erreurs commises, bref, sans passé et sans Histoire, un pays ne peut espérer construire son avenir.

Il n’est pas indifférent que l’Etat ait décidé d’installer ses Archives nationales depuis 1789 ici, à Pierrefitte. Dans un département qui a vu s’écrire certaines des pages les plus importantes de notre Histoire : à Saint-Denis reposent les dépouilles de tant de ces rois qui, au fil des siècles, ont contribué à forger le destin du pays. Dans un département, au-delà des difficultés, qui concentre autant des promesses de la France d’aujourd’hui et de demain, dans sa formidable diversité. Pour toutes ces raisons, je suis heureux de m’associer aujourd’hui à vos travaux, qui contribueront j’en suis sûr à enrichir notre vision de la France et de notre Histoire.

Jacques Chirac

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Lettre de Valéry Giscard d'Estaing

VALERY GISCARD D’ESTAING

Paris, le 22 juin 2007

Mesdames les Présidentes,

Mon regret de ne pouvoir assister au colloque « Archives, Identité et République » est grand. Ma présence, en effet, n’aurait pas seulement signifié mon attachement aux archives, lieu de mémoire de la nation, des individus et des collectivités. Elle aurait aussi témoigné de la très grande estime et de l’affection que je portais à René Rémond. Car je sais combien le combat pour la défense des Archives nationales lui tenait à cœur. Notre amie Georgette Elgey aura les mots qui conviennent pour lui rendre un hommage auquel je veux m’associer.

Quant à moi, je pense depuis longtemps –comme je l’ai indiqué lors de votre précédent colloque- que l’archéologie et les archives sont les matériaux les plus solides de l’analyse et de la réflexion historique.

De longue date, je me suis prononcé en faveur de la construction en Ile-de-France du nouveau Centre nécessaire et même indispensable au bon fonctionnement de nos Archives nationales.

Je me réjouis donc qu’il voie le jour en Seine-Saint-Denis.

Vous savez que j’ai toujours apporté à ce projet, si cher à René Rémond, mon soutien total.

En formulant des vœux très chaleureux pour le succès de vos travaux, je vous prie de croire, Mesdames les Présidentes, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs,

et de mes très cordiales pensées

V. Giscard d’Estaing

Madame Annette Wieviorka,

Présidente de l’Association « Une cité pour les Archives nationales »

Madame Georgette Elgey,

Présidente du Comité d’honneur

            

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Hommage à René Rémond par Georgette Elgey

Hommage à René Rémond

Monsieur le Président, mes chers amis – permettez-moi de vous appeler ainsi,

Plutôt que de prononcer l’hommage traditionnel, qui est le rappel de mérites que nous connaissons tous, il m’a paru préférable de  vous apporter un témoignage personnel.

Je n’ai pas eu le privilège d’être parmi ses élèves, ni d’avoir suivi ses cours, mais j’éprouve à l’égard de René Rémond le même  sentiment que notre vice-président, Antoine Prost : « Je me sens orphelin, et pourtant je n’avais que quinze ans de moins que lui », me dit-il lorsqu’il apprend sa mort.

C’est peu après la parution du premier tome de mon histoire de  la IV° République, il y a quarante deux ans déjà !, que René Rémond est entré dans mon univers. Ce livre  reposait en grande partie sur les témoignages des acteurs – les archives n’étaient pas encore  accessibles. Or,  à l’époque, pour l’Université française, à de rares exceptions près, essentiellement Pierre Renouvin, René Rémond et François Bédarida, - tous trois disparus aujourd’hui -  interroger les témoins ne pouvait en aucun cas contribuer à la connaissance historique. Ce me fut donc une grande joie lorsque j’appris que René Rémond, pour qui la première chaire d’histoire du XX° siècle venait d’être créée, prenait avec énergie la défense de mon travail. Je ne l’avais jamais vu, je ne le connaissais pas. Quelques années plus tard, - je ne le connaissais toujours pas -  j’eus le mauvais goût d’émettre quelques critiques sur « Le chagrin et la pitié », dont je trouvais – et je trouve toujours ! - qu’il donnait, en dépit de ses mérites, une vision par trop manichéenne et caricaturale du comportement des Français sous l’Occupation. Il était alors de bon ton d’affirmer que ce film révélait enfin la vérité sur cette période noire de notre histoire. Ce me fut à nouveau une grande joie d’apprendre que René Rémond  partageait mes réserves. Aussi lorsque l’ORTF me proposa de faire des émissions sur la France et les Français sous l’Occupation,  je répondis que je ne me lancerais pas dans une telle aventure sans le concours de  René Rémond.  Il accepta sans hésiter. Durant l’été 1974, furent diffusés à la télévision les deux émissions «  La France et les Français sous l’Occupation », dont nous étions co-auteurs.

Depuis nos liens n’ont cessé de se resserrer. Ainsi, au fil des années, j’ai eu maintes occasions d’apprécier son extraordinaire disponibilité, son intérêt pour les autres, son absence totale de sectarisme, qui ne l’empêchait pas de défendre avec force ses convictions et sa foi. Sa modestie,  son humilité et sa discrétion m’ont toujours impressionnée.  Il ne parlait jamais de ses actions passées, de la lucidité qui fut sa marque, qu’il s’agisse de lutter contre le nazisme ou contre la torture en Algérie.

Jusqu’à la fin de sa vie, il a fait preuve de ses qualités exceptionnelles. Il y a cinq mois, jour pour jour,  au sortir d’un long entretien avec lui et son épouse, je savais que ce moment privilégié me donnerait du courage pour les années à venir. Et je suis heureuse d’avoir osé, ce jour-là, lui exprimer qu’avoir partagé certains de ses combats serait à jamais ma fierté.

Parmi ces combats, il y eut certes la lutte pour ce qui nous paraissait la vérité,  contre certaines interprétations de notre histoire récente, que nous jugions frappées du péché d’anachronisme. Il y eut aussi le combat pour la nouvelle Cité des Archives nationales, au service de laquelle il a mis, comme notre présidente Annette Wieviorka l’a rappelé, « tous ses talents : son autorité morale et son influence, sa grande intelligence des situations et des hommes, sa conviction de la justesse de notre combat commun, sa générosité, son respect de tous et de certains ».

Une de nos préoccupations majeures était – et elle est toujours- d’éviter que notre action puisse être utilisée par quiconque dans la lutte politique. Les archives ne sont la propriété de personne, elles sont le bien commun de la nation. La très grande estime qui entourait René Rémond dans la totalité de la classe dirigeante, toutes opinions confondues, nous a permis de le démontrer lors de notre précédent colloque. Placé sous le haut patronage du Président de la République, clôturé par la lecture de son message, il fut en effet inauguré par le Premier Ministre Lionel Jospin. Et parmi ses intervenants figuraient Valéry Giscard d’Estaing, Pierre Messmer et Pierre Mauroy. Jamais sans l’autorité très particulière de René Rémond, il n’aurait été possible de réunir un tel plateau…

René Rémond a été de toutes nos démarches. Je voudrai évoquer deux moments où son influence fut décisive.

2002. Mme de Boisdeffre, directrice des Archives de France, est  chargée par le Ministre de la Culture d’étudier comparativement trois sites de la région parisienne susceptibles d’accueillir la Cité des Archives. René Rémond tient à ce que le Président de la République sache que nous nous prononçons sans la moindre équivoque pour le site où nous sommes réunis aujourd’hui et où, dans quelques années, le nouveau Centre des Archives ouvrira ses portes. Outre ses avantages évidents (accessibilité, présence proche de l’Université), il témoignera,  compte tenu de son environnement multi-ethnique et de sa proximité avec la Basilique de Saint-Denis, le tombeau des rois, de la pérennité de l’identité française à travers tous les régimes que notre pays a connus, tous les apports successifs de sa population.

2003. Nous sommes inquiets de voir les mois passer sans que la décision de créer le nouveau Centre des Archives soit annoncée officiellement. Certains d’entre nous envisagent la dissolution de notre association. René Rémond en est informé. Il n’hésite pas à bouleverser son emploi du temps pour assister à notre conseil d’administration et nous rappeler avec force que rien ne justifie le non-respect de ses statuts, qui prévoient sa dissolution le jour de l’inauguration du nouveau Centre. Il s’indigne que l’on puisse abandonner un combat en cours de route… Il est écouté. Vous aurez donc à nous supporter encore quelques années…

Je n’aurais pas l’impudence de prétendre vous dire quels propos René Rémond nous aurait tenus aujourd’hui. Mais je peux vous communiquer une information qu’il vous aurait donnée. En effet, au début février, je lui téléphonai pour lui lire la très belle lettre que je venais de recevoir du président Chirac  en réponse au témoignage que je lui avais envoyé au lendemain de l’hommage aux Justes de France. Cette cérémonie au Panthéon m’avait bouleversée. Ma lecture terminée, René Rémond, qui, lui aussi, avait été touché par les paroles prononcées au Panthéon, eut ce commentaire : « Avec ses discours sur l’histoire, Jacques Chirac a rempli pleinement le magistère de la parole qui incombe au chef de l’état ». Puis il me demanda de lui relire les quelques lignes concernant les rapports d’un président de la République avec l’histoire. Je vous les lis : « Il est de la responsabilité du Chef de l’état, non pas, bien évidemment, de dire l’histoire, mais de dégager les conditions d’une mémoire partagée par tous nos concitoyens, pour faire vivre pleinement aujourd’hui les valeurs de la République ».

« C’est une définition très importante », me dit René Rémond. « Il faut qu’elle soit connue ». Je lui suggérai alors d’en faire état dans le discours qu’il prononcerait le 27 juin à notre colloque. Il approuva sans réserve ma proposition : « C’est une très  bonne idée. Vous me le rappellerez la veille ».

La mort, non la vie, n’a pas voulu que cela soit possible.

En guise de conclusion, il me revient l’honneur et le privilège de vous lire le message du président Jacques Chirac et la lettre du président Valéry Giscard d’Estaing. Les anciens premiers ministres Pierre Messmer et Pierre Mauroy avaient bien voulu, eux aussi, nous renouveler par une lettre ou un message téléphonique leur soutien constant. Enfin, il me faut parler de Lionel Jospin qui, à notre précédent colloque en 2001, avait prononcé un discours exceptionnel. Jamais un chef de gouvernement, durant l’exercice de son mandat, n’avait souligné avec tant de force l’importance des archives ni rendu un tel hommage au travail des archivistes. Il ne nous a pas envoyé de message. Mais comme vous l’avez sans doute remarqué, il est parmi nous. Je me réjouis de sa présence. Elle me permet de lui exprimer publiquement la profonde reconnaissance que, tous, archivistes, historiens et généalogistes, nous lui devons.

Georgette Elgey

27 juin 2007

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Intervention de Jean-Louis Beaucarnot

Intervention lors du colloque « Archives, Identité et République »

Pour tenir compte de la place des généalogistes dans les publics des centres d’archives, il m’a été demandé de participer à ce colloque et d’y évoquer leurs attentes.

J’ai tout d’abord répondu en faisant remarquer que les généalogistes fréquentaient nettement moins les Archives nationales et le CARAN que les dépôts que j’appellerai « de proximité » : Archives municipales et surtout Archives départementales, conservant notamment l’état civil et les archives notariales, qui continuent, bien sûr, à constituer la documentation de base des généalogistes. J’ai ajouté que leurs visites au CARAN ayant essentiellement pour but d’y consulter les archives du Minutier central des Notaires parisiens et celles de la Section ancienne, ils seraient vraisemblablement très peu amenés à fréquenter à la Cité des Archives.

Ces réserves étant faites, et devant l’insistance de Mme Mosser, j’ai décidé, pour que mon intervention puisse apporter quelque chose de concret, de mener une enquête faisant le point auprès des publics généalogiques quant à leurs attentes, satisfactions ou insatisfactions.

L’idée était simple. Elle partait de quelques constats faciles à dégager :

-         le public des généalogistes représente, on le sait, plus de la moitié des lecteurs fréquentant la plupart des dépôts d’archives,

-         il représente un public très original, avec des points faibles et des points forts : s’il est généralement peu formé – du moins au départ - à la recherche, s’il « consomme » plutôt davantage de communications lors de ses passages, il est un public nombreux, voire massif, et globablement populaire, qui permet aux Archives de jouer enfin un rôle réel et capital, non seulement dans l’exercice du « devoir de mémoire » mais de façon beaucoup plus générale dans la démocratisation de l’accès à la culture,

-         ce public, massif et populaire, les Archives en ont besoin, en ont besoin en permanence, pour montrer à leurs autorités de tutelle l’intérêt et l’utilité de leurs services vis à vis du « grand public », en ce qu’elles accueillent des visiteurs qui sont autant d’électeurs,

-         ce public doit donc rester nombreux ; les salles de lectures doivent rester pleines, sachant qu’à la fois la mise en ligne de certaines archives et les nouveaux comportements observés chez les chercheurs tendent aujourd’hui à compromettre ces objectifs.Dès lors, parallèlement à la très intéressante enquête qui vient d’être diligentée par la Direction des Archives de France quant à l’incidence d’Internet sur le public généalogique, une autre enquête plus générale sur le public généalogique me semble capitale pour permettre aux Archives de réagir au mieux face aux perspectives actuelles.

J’ai mené cette enquête sur une dizaine de jours (fin mai/début juin), via les deux principaux supports de communication du milieu généalogique que sont la Revue Française de Généalogie et le site GénéaNet. J’ai pu ainsi recevoir près de 1 500 réponses spontanées (1 418) – évidemment à analyser comme telles -, mais qui n’en apportent pas moins des réponses très claires aux questions posées.

Ces réponses, pour moi, méritent largement d’être considérées.

Les questions destinées à brosser le profil des répondants rassurent : ils sont bien représentatifs du public généalogique : 56 % ont entre 25 et 60 ans, 43 % sont « actifs », 10 % seulement font de la Généalogie depuis moins de 2 ans, 40 % ne sont membres d’aucune association généalogique, 91 % ont fréquenté au moins un dépôt d’archives depuis le 1er janvier 2006 (62 % plus de 2), 75 % y ont passé plus de 10 heures (38 % plus de 40 heures !) et – réponse à bien remarquer - : 55 % ont déclaré avoir déjà pris des congés spécifiquement consacrés à aller travailler dans un dépôt d’archives, dont 39 % plusieurs fois.

On peut donc, je pense, conclure que l’on a affaire à des chercheurs sérieux et motivés, n’hésitant pas à se donner les moyens de travailler correctement.

Voyons maintenant leurs satisfactions et leurs attentes.

La question n° 1 demandait  quels aspects de la recherche en archives étaient ressentis comme les plus lourds et énumérait diverses réponses – l’une n’excluant pas l’autre - proposant de dénoncer :

- les aspects relationnels :

1.   conditions d’accès (inscription, accueil),

2.   relations avec les personnels de la salle de lecture,

3.   conditions matérielles de travail sur place (gants, crayons et papiers blancs…),

- des aspects plus matériels

4.   complexité des appareils de lecture et postes de travail informatisés,

5.   mauvaises qualités des documents (microfilms ou images numérisées),

- les conditions réglementaire de travail :

6.   fermetures le samedi ou entre 12h. et 14h.,

7.   arrêt des communications entre 12h. et 14h.,

8.   quotas (limitation du nombre des communications),

9.   délais de communication des documents,

- en abordant notamment le problème des possibilités de réservation :

10. réservations anticipées des places ou des appareils de lecture,

11. réservations anticipées des documents.

Les réponses à ces questions ont été claires et pour moi très positives . Très positives pour tout ce qui concerne tout le côté « relationnel » :

1.   conditions d’accès,

2.   relations avec les personnels,

3.   conditions de travail sur place.

Tous ces points ne sont critiqués que dans 15 % des réponses. Nous n’en sommes plus, - c’est très net – au temps des incompréhensions et des ignorances mutuelles : les généalogistes apprécient, acceptent, comprennent et sont globalement satisfaits.

En revanche, ce qui irrite davantage, c’est d’une part la mauvaise qualité des matériaux (microfilms et images numériques), et d’autre part, et plus encore l’arsenal des contraintes réglementaires, avec en première position les quotas (60%) et en deuxième l’arrêt des communications entre midi et 14h. Viennent ensuite la fermeture le samedi, les délais de communication des documents et l’absence de possibilités de réservation anticipée des documents et plus encore des places aux appareils de lecture.

Je dirai donc que la situation est très claire : le généalogiste a heureusement su faire son deuil de ses attentes de recherches par correspondance, il se déplace, ne conteste plus les réglementations et principes de recherches. Il s’y plie même volontiers, allant jusqu’à se donner régulièrement les moyens de travailler comme on lui demande de travailler – plus de la moitié des chercheurs prennent des congés pour aller dans un dépôt d’archives, parfois loin de chez eux, avec dans ce cas un budget déplacement et séjour – ils sont donc amers, sinon mécontents, de ne pas pouvoir rentabiliser au minimum leur investissement. Désolé de donner à mes analyses ce côté un peu pécuniaire, mais je pense que ce côté, justement, ne doit pas être ignoré. Si les généalogistes doivent sans cesse avoir bien conscience du fait que les archives françaises sont très anciennes, très riches et d’accès ô combien simple, démocratique… et gratuit, il n’en reste pas moins qu’investir en temps de congés et en frais de voyage et séjour, pour risquer de ne pas pouvoir accéder à un poste de travail ou ne pas pouvoir consulter un minimum de cotes, les indispose très fortement.

Il en va bien sûr de même quant aux généalogistes professionnels, moins nombreux mais qui n’en sont pas moins respectables et de mieux en mieux reconnus, et qui ont déjà eu l’occasion d’exposer à la Direction des Archives de France combien la plupart de ces mêmes inconvénients les entravent quotidiennement dans l’exercice de leur profession, en demandant eux aussi d’être reconnus dans leur spécifité en se voyant garanti – d’une façon ou d’une autre – de pouvoir travailler dans un minimum de confort, là aussi au plan de l’accès aux postes de travail et à un minimum de documents.

Il semble, dès lors, que la solution puisse largement passer par un système de réservations de cotes et de documents. Système à concevoir et à mettre en place habilement, tout en ménageant la gratuité et l’égalité d’accès aux archives, peut-être via des propositions de réservations anticipées payantes sur les sites Internet – sachant que l’on paierait ici l’utilisation de l’outil et non pas l’accès aux documents eux-mêmes -.

D’où mes dernières questions, et de nouvelles réponses, à bien analyser elles aussi, car à ma question « si ces lourdeurs s’atténuaient, iriez-vous travailler davantage dans les dépôts d’archives ? » : 75 % ont répondu « oui, plus souvent », et à celle « si des réservations anticipées étaient plus largement offertes, y iriez-vous davantage ? », plus de 65 % ont répondu également « oui ».

Le problème est que le niveau payant déconcerte. Le premier réflexe pousse à le refuser : 70 % trouvent « inacceptable » de payer pour accéder aux documents numérisés. Quitte, réflexion faite, à nuancer sa position : plus de 49 % trouvent « correct » le tarif de 2 € permettant de travailler 24 heures sur le site des Archives départementales de la Savoie. Et la nuance se fait plus nette encore lorsque l’on perçoit une finalité concrète : 31 % se disent prêts à accepter des systèmes payants pour réserver une place à un poste de travail, et plus de 37 % pour une la réservation anticipée d’un document.

Voilà donc pour moi des enseignements parlants et des bases pour une réflexion, réflexion dont le but premier doit être de parvenir à conserver aux salles d’archives les publics présents « physiquement » dont elles ont besoin, sachant que si la non gratuité peut sans doute être envisagée et mise en oeuvre au niveau des techniques et modalités de travail  - elle l’est d’aillleurs déjà pour la reproduction des documents et pourrait sans doute l’être pour les réservations -, toute atteinte à l’accès gratuit du chercheur aux documents eux-mêmes porterait évidemment un coup instantané et fatal au public si nombreux, populaire, démocratisé….. etc, des généalogistes. Car n’oublions pas les résultats d’une autre enquête, réalisée voilà tout juste un an par IPSOS, sur l’intérêt des Français pour la généalogie. Enquête qui a montré que :

-    48 % d’entre eux s’y intéressent,

-    23% ont déjà fait des recherches et que 25% se disent prêtes à en effectuer…

Pour conclure, je dirai que la « mode de la généalogie » s’affirme donc comme capable de remplir longtemps encore les salles de lecture des Archives, et qu’elle le fera d’autant mieux et d’autant plus que l’on saura trouver les solutions aux quelques problèmes qui se posent aujourd’hui sachant que les Archivistes – auxquels je n’ai pas jugé utile de rappeler toute mon estime et de les remercier aussi de celle qu’ils sont nombreux à me témoigner régulièrement – , sachant que les Archivistes, au cours des vingt-cinq dernières années, ont déjà su régler des problèmes tout aussi délicats, sinon plus, et de la façon la plus efficace, en maîtrisant constamment les notions de « partenariat » et d’adaptation » qui ont été si souvent évoquée tout au long de ce colloque.

Jean-Louis Beaucarnot

                          27 juin 2007

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engagement ferme du nouveau président de la République (11 mai 2007)

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Nicolas Sarkozy, élu

Président de la République, favorable

à l'aboutissement du projet

de Pierrefitte


Au moment où les Français s'apprêtaient à désigner leur nouveau président de la République, il était apparu nécessaire à l'association Une Cité pour les archives nationales de demander aux différents candidats leur intention à l'égard de la construction, dans les délais initialement prévus, du nouveau centre de Pierrefitte.

Nous avons été particulièrement satisfaits des engagements des candidats qui nous ont répondu - François Bayrou, Marie-George Buffet, Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy - que nous avons publiés sur ce blog.

Monsieur Nicolas Sarkozy, élu Président de la République s'est déclaré sans ambiguïté favorable à l'aboutissement du projet de Pierrefitte et, au-delà, à la mise à disposition du nouveau centre des moyens nécessaires à son fonctionnement.

En même temps, il a rappelé son attachement à l'importance de la recherche historique, que l'Etat doit encourager tout en lui assurant une indispensable et totale liberté, ce qui correspond pleinement aux voeux maintes fois formulés par notre président d'honneur, René Rémond.

Cet engagement ferme du nouveau président de la République, qui confirme ceux de son prédécesseur, M. Jacques Chirac, constitue pour nous, bien évidemment, un motif de grande satisfaction.


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vendredi 11 mai 2007

Nicolas Sarkozy

Paris, le 16 avril 2007

Madame la Présidente,

Je tiens à vous confirmer mon total engagement en faveur de la construction, déjà décidée, d'un nouveau centre des Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine.

Naturellement, si je suis élu Président de la République, je me ferai un devoir de l'inaugurer au terme des travaux en 2010, et de lui apporter, par la suite, un soutien constant afin que ses ressources puissent être utilement mises à la disposition des chercheurs français ou étrangers.

Je tiens aussi à rappeler qu'à mon sens le Chef de l'Etat a une véritable mission par rapport à l'histoire de notre pays, en refusant la repentance constante, en refusant la réécriture partisane, en faisant respecter l'ensemble de notre passé, tout en laissant bien sûr les historiens avoir leurs propres analyses et leurs propres approches.

Pour moi l'Histoire de France est un tout. Elle ne peut se limiter à la conservation, nécessaire, de notre patrimoine. Elle doit s'accompagner aussi d'un devoir de mémoire, elle doit aussi être considérée comme un socle pour notre devenir.

Le travail des historiens est souvent difficile, car l'évènement n'a pas le même sens dans l'actualité et dans son inscription dans le temps, dans la durée.

Je veux être, si les Français m'élisent, le Président qui aidera l'Ecole historique française à préserver sa richesse, sa diversité, mais aussi son rôle essentiel dans l'étude et la définition des fondements de la République.

Je vous prie d'agréer, Madame la Présidente, l'expression de mes respectueux hommages.

Nicolas Sarkozy

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jeudi 10 mai 2007

Invitation

ARCHIVES, IDENTITÉ ET RÉPUBLIQUE

INVITATION

Les Archives nationales de France conservent des documents d'un intérêt exceptionnel sur  l'histoirede notre pays du Vè siècle à nos jours. En 2010, une partie des collections, couvrant la période de la Révolution française à nos jours, sera transférée sur un nouveau site, à Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis.

Cette décision, prise en 2004 M. Jacques Chirac, Président de la République, a été dictée par la volonté d'enrayer la catastrophe patrimoniale qui menaçait les Archives nationales. Grâce à ce nouvel équipement, la France disposera d'un des centres d'archives les plus modernes du monde.

L'association "Une cité pour les archives nationales", constituée en 2001 précisément dans le but d'obtenir la réalisation de ce projet, se réjouit de la perspective ainsi offerte aux chercheurs, aux généalogistes et à tous les citoyens soucieux de mieux connaître leur histoire. Mais ce grand projet suscite encore, comme il est naturel, des interrogations. C'est pour contribuer à y répondre que l'association « Une cité pour les Archives nationales » en partenariat avec France-Culture et l'université Paris VIII-Saint-Denis, organise le 27 juin 2007 à l'Université de Paris VIII - Saint-Denis, à partir de 9 heures, un colloque sur le thème «Archives, identité et République».

Le colloque du 27 juin 2007 abordera donc les différentes questions qui se posent à l'occasion de cette nouvelle installation : la signification symbolique et politique du site choisi, les grandes orientations d'un projet scientifique pour les Archives nationales, ce que le public attend de ce futur centre d'archives. Il se conclura par une table ronde sur la place des Archives dans la nation.

Il sera présidé par Pierre Nora, de l'Académie française. Martine de Boisdeffre, directrice des Archives de France, participera à la dernière table ronde.

Ont confirmé leur participation

les historiens : Nancy Green, Emmanuel Laurentin, Daniel Lefeuvre, Michel Margairaz, Michèle Perrot, Antoine Prost, Alain-Gérard Slama, Maurice Vaïsse, Patrick Weil, Annette Wieviorka,

un représentant des généalogistes : Jean-Louis Beaucarnot,

le président de la communauté d'agglomération de Plaine-Commune, Patrick Braouezec

les présidents des universités Paris VIII, Pascal Binczak, et Paris XIII - Villetaneuse, Alain Neuman,

des représentants des Archives et de leurs usagers, Gilles Morin et Hubert Tison, 

des archivistes, Martine Cornède, Sandrine Cunnac, Bruno Galland, Isabelle Neuschwander et Elisabeth Verry.

Vous trouverez ci-après des informations pratiques et le programme détaillé du colloque.

Contacts

Adresse postale : c/o Caroline Piketty, 66, rue René Boulanger, 75010 Paris

Téléphone : 01 42 41 20 32

Courriel : caroline.piketty@wanadoo.fr

Informations pratiques

Le colloque a lieu, de 9 heures à 18 heures, dans l'amphi D 1 de l'Université de Paris VIII - Saint-Denis, 2 rue de la Liberté, à Saint-Denis.

Métro ligne 13, station Saint-Denis-Université

Entrée libre

Déjeuner : inscription avant le 10 juin par courriel à caroline.piketty@wanadoo.fr ou par la poste au 66, rue René Boulanger, 75010

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Colloque Archives, identité et République

Dans le cadre du prochain transfert des Archives nationales de 1789 à nos jours en Seine-Saint-Denis 

Colloque organisé par l'association « Une cité pour les Archives nationales » en partenariat avec l'université de Paris VIII-Saint-Denis et France-Culture 

"Archives, identité et République"

le 27 juin 2007
Université de Paris VIII-Saint-Denis – Amphi D1

Matinée 

9 h. - Ouverture

9 h. 30 - Accueil par Pascal Binczak, président de l'Université Paris VIII-Saint-Denis.  

Hommage à René Rémond, Georgette Elgey, présidente du Comité d'honneur de l'association Une cité pour les Archives nationales.

9 h. 45 – 10 h. 45, Un choix politique : construire et construire ici. 

Présidence :   Alain Neuman, président de l'Université Paris XIII-Villetaneuse.

IntroductionPierre Nora, de l'Académie française.

Interventions :

Patrick Braouezec, président de la communauté d'agglomération de Plaine Commune : « La signification symbolique et pratique pour le département de Seine-Saint-Denis de l'installation sur son territoire des Archives nationales de la Francedepuis 1789 ».  

Alain-Gérard Slama, professeur à l'IEP, chroniqueur à France-Culture : « La signification des Archives pour la Franceet les Français ».

11 h. – 12 h. 15, Quel projet scientifique pour les Archives nationales ? 

     Présidence : Maurice Vaïsse, historien, professeur à l'IEP.

Intervention : Isabelle Neuschwander, conservateur général du Patrimoine, directrice des Archives nationales.

Participants : Martine Cornède, directrice du Service des archives d'Outre-mer, Bruno Galland, responsable du département de l'orientation et de la communication des Archives nationales, Nancy Green, directrice d'études à l'EHESS, Michel Margairaz, professeur à l'Université Paris VIII, Elisabeth Verry, directrice des archives départementales du Maine-et-Loire.

Après-midi 

14 h. – 15 h. 15, Quoi de changé pour les lecteurs ? 

    Présidence : Antoine Prost, vice-président de l'association Une cité pour les Archives nationales

Intervention : Sandrine Cunnac, conservateur au sein de l'équipe du projet de Pierrefitte-sur-Seine.

Participants : Jean-Louis Beaucarnot, généalogiste, Dominique Bezombes, chargée de mission à l'établissement de maîtrise d'ouvrage des travaux culturels (EMOC),  Gilles Morin, président de l'Association des usagers du service public des Archives nationales (AUSPAN),  Hubert Tison, association des professeurs d'histoire et de géographie (APHG).

15 h. 30 – 17 h., Archives, identité et République 

    Table ronde animée par Emmanuel Laurentin, France-Culture

Participants : Martine de Boisdeffre, directrice des Archives de France, Daniel Lefeuvre, professeur à l'Université Paris VIII, Pierre Nora, de l'Académie française,  Michelle Perrot, professeur émérite,  Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS.

17 h. – Conclusions

Annette Wieviorka, directrice de recherche au CNRS, présidente de l'association Une cité pour les Archives nationales.

Contact et inscription caroline.piketty@wanadoo.fr 

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